Excavation et bétonnage du tunnel
Notre tunnelier, fabriqué sur mesure en Allemagne pour le métro de Montréal est arrivé en pièces détachées d’Europe à l’automne 2025. Cette immense machine foreuse rotative amorce graduellement son parcours de 4,6 kilomètres vers l'Est, de la future station Vertières, située à l’angle du boulevard Pie-IX et de la rue Jean-Talon, jusqu'à la future station Anjou. C’est une première dans le réseau du métro de Montréal.
Au cours des prochains mois, on pourra voir le tunnelier traverser le transept des stations intermédiaires, avant de sortir de terre à la future station Anjou (accès ouest) en début d’année 2028.
Une véritable usine souterraine
Doté d’une roue de coupe de 9,7 mètres de diamètre, le tunnelier, nommé Lisette, est le plus gros jamais utilisé au Québec! Il excavera le roc et construira les parois du tunnel sur une distance de 4,6 kilomètres à une profondeur variant de 18 à 40 mètres.
Découvrez comment fonctionne le tunnelier dans cette vidéo.
Spécifications techniques
- Fabrication à Schwanau en Allemagne
- Longueur : plus de 135 mètres
- Poids : plus de 2 000 tonnes
- Distance à parcourir : 4,6 kilomètres
- Vitesse d’excavation : Rythme moyen de 10 à 15 mètres par jour
- Nombre de voussoirs à installer : plus de 14 300 voussoirs en béton préfabriqués
- Diamètre du tunnel : 8,6 mètres (une fois les voussoirs installés)

Tête rotative : À l’avant du tunnelier se trouve une grande roue (1) équipée de disques de coupe ou d’outils tranchants. Elle tourne pour détruire la roche ou le sol, en les fragmentant.
Extraction des déblais : Les matériaux excavés sont transportés vers l’arrière de la machine via un convoyeur (5) ou des vis sans fin (8). Ces morceaux seront ensuite évacués hors du tunnel par des tapis roulants.
Revêtement du tunnel : Juste derrière la tête de coupe (3), le tunnelier installe des voussoirs (segments de béton préfabriqués) pour former le revêtement du tunnel. Cela stabilise immédiatement les parois et permet de continuer les travaux de tunnel en toute sécurité.
Progression sous terre: Le tunnelier avance grâce à des vérins hydrauliques (7) qui s’appuient sur le revêtement déjà posé. Il pousse la tête de coupe vers l’avant tout en continuant à creuser.
Systèmes de guidage et de contrôle : Des capteurs et des systèmes GPS permettent de suivre précisément la trajectoire du tunnel. L’équipe dans la cabine (9) contrôle la vitesse, la pression, et les paramètres de coupe.
L’utilisation d’un tunnelier présente de nombreux avantages. Il s’agit d’une technique plus rapide, performante et durable que les autres méthodes d’excavation mécaniques conventionnelles. En plus de permettre de garder le cap sur l’échéancier, on estime également que les parois du tunnel seront beaucoup plus étanches, grâce aux anneaux de béton préfabriqués. Ainsi, le tunnel de ce nouveau tronçon de la ligne bleue aura une durée de vie de 100 ans. L’alimentation électrique du tunnelier offre aussi un important avantage environnemental.
À l'ancienne carrière Saint-Michel, située tout près du chantier. Le roc appartiendra à la Ville de Montréal qui pourra le réutiliser pour des aménagements futurs.
La propriété du tunnelier revient à l’adjudicataire (MBH) et non pas la STM. Pour le moment, il est prévu qu’une fois arrivé à Anjou, le tunnelier va être sorti grosse pièce par grosse pièce pour être ensuite désassemblé pour être retourné en Allemagne afin que les pièces soient revalorisées par le fabricant.
Le tunnelier est responsable de la construction de 4,6 kilomètres des 6 kilomètres de tunnel nécessaire au prolongement de la ligne bleue. Le reste du tunnel est creusé avec une haveuse, une autre méthode d’excavation mécanique, plus traditionnelle.
Fabriqué à Schwanau en Allemagne, le tunnelier a été acheminé par morceaux, d’abord vers Rotterdam aux Pays-Bas, ensuite par bateau jusqu’à Montréal et finalement vers le site de la future station Vertières en octobre 2025.

Dès son arrivée au port de Montréal, le tunnelier est transporté en pièces détachées dans une centaine de colis vers le chantier de la future station Vertières. Cette opération logistique de grande envergure, effectuée principalement de nuit afin de limiter l’impact sur la circulation, a nécessité des transports exceptionnels en raison de la taille surdimensionnée et du poids de plusieurs composantes.
Les pièces surdimensionnées ont été transportées à l’aide de plateformes roulantes de 13 essieux alors que les pièces les plus lourdes ont été déplacées grâce à des transporteurs modulaires autopropulsés. Au total, 86 colis ont été livrés en quelques semaines.
Un tunnelier nommé Lisette
Nommer un tunnelier est une tradition bien établie dans les grands projets d’infrastructures à travers le monde. Selon cette coutume, l’engin est placé symboliquement sous la protection d’une marraine avant de commencer à creuser. À la suite d'un vote populaire s’étant déroulé en mars dernier, le public a choisi de nommer le tunnelier Lisette, en hommage à Lisette St Onge, devenue en 1981 la première femme opératrice du métro de Montréal.
Lisette, une marraine qui a fait sa marque
En 1980, Lisette St Onge (qui porte alors le nom de Lisette Renaud) est embauchée comme chauffeuse de bus à la Commission de transport de la Communauté urbaine de Montréal (CTCUM, aujourd’hui la STM). À cette époque, elles étaient à peine une quinzaine derrière le volant, la première chauffeuse ayant été embauchée trois ans plus tôt.
Quelques mois plus tard, Lisette apprend que le métro est à la recherche de nouveaux opérateurs. Intriguée, elle tente sa chance et sa candidature est acceptée. Encouragée par ses collègues, elle devient, au printemps 1981, la première opératrice de métro à Montréal.

Lisette St Onge
Première opératrice de métro à Montréal
« J’ai adoré mon métier d’opératrice de métro. Je n’aurais jamais cru avoir la possibilité de devenir la marraine du tunnelier du prolongement de la ligne bleue. »
Aujourd’hui retraitée, elle conserve d’excellents souvenirs de sa carrière, notamment en ayant représenté dans diverses tribunes les femmes occupant des métiers non traditionnels à la STM.
Le processus
Un appel de propositions a été réalisé en janvier dernier, auprès de nos employés et partenaires, afin de récolter des suggestions de femme québécoise vivante ayant marqué significativement un domaine lié au projet tel que le génie, le développement durable ou le transport collectif.
Cinq finalistes ont été sélectionnées par le jury selon différents critères, notamment la pertinence, la cohérence avec le projet et la portée de la contribution de la candidate. En plus de donner son prénom au tunnelier, la marraine choisie aura l’occasion de suivre la progression des travaux et de visiter les équipes sur le chantier.
À l'occasion d'un vote, le public a pu choisir sa marraine préférée. C’est Lisette St Onge, qui a été sélectionnée parmi quatre autres femmes d’exception : Florence Junca-Adenot, Geneviève Boisjoly, Louise Millette et Michèle Thibodeau-DeGuire.
Cette initiative vise à renforcer le lien entre ce grand chantier et les communautés qu’il desservira.
Le vote du public s'est tenu du 9 au 22 mars 2026. Près de 9 000 personnes ont participé. Merci de votre participation en si grand nombre.
Pour vous remercier de contribuer à la décision du choix de la marraine du tunnelier, 3 personnes, tirées au sort, ont été invitées pour assister à l’événement de démarrage de l’appareil au chantier Vertières, lors duquel l’identité de la marraine a été dévoilée. Félicitations à nos gagnants : Damaris Rose, Diego Orlando Abril Frade et Nicolas Gaudreau.
Félicitations à Lisette St Onge, qui a été sélectionnée parmi quatre autres femmes d’exception : Florence Junca-Adenot, Geneviève Boisjoly, Louise Millette et Michèle Thibodeau-DeGuire.

Florence Junca-Adenot
Spécialiste en transport et en urbanisme
Professeure à l'UQAM et première PDG de l'Agence métropolitaine de transport, elle a voué sa carrière au développement urbain, au transport collectif, à l'immobilier, à l'enseignement et à la culture.
Geneviève Boisjoly
Ingénieure spécialiste en planification des transports
Professeure en génie civil à Polytechnique, elle se spécialise en planification du transport et de la mobilité durable. Ses travaux explorent comment nos réseaux de transport façonnent nos villes, nos habitudes de déplacement et notre qualité de vie.


Louise Millette
Ingénieure et professeure engagée
Ingénieure et professeure engagée, c’est une pionnière en développement durable. Elle fut la première femme à diriger un département à Polytechnique. Elle participe à instaurer une culture du développement durable au sein de l’institution.
Michèle Thibodeau-DeGuire
Ingénieure et administratrice
Première diplômée en génie civil de Polytechnique, elle devient la première femme ingénieure-conseil au Québec. À la tête de Centraide du Grand Montréal pendant plus de vingt ans, elle cumule les succès et les hautes distinctions.

Le projet en images

Crédit photo : Louis-Étienne Doré
Transport d'une pièce du tunnelier pesant 86 tonnes vers la future station Vertières
Transport du centre de la roue de coupe du tunnelier (crédit photo SNAPePHOTO)
Transport de la plus grosse pièce du tunnelier pesant 204 tonnes (crédit photo SNAPePHOTO)
Déchargement du tunnelier en pièces détachées au port de Montréal (crédit photo SNAPePHOTO)
Contenu de l'onglet 3
Contenu de l'onglet 4
Contenu de l'onglet 5
Le Projet ligne bleue s’inscrit dans la foulée de la Déclaration du gouvernement du Québec et de la Ville de Montréal pour revitaliser l’Est de Montréal. De nombreux projets sont en cours pour donner une nouvelle impulsion à ce secteur. L’accroissement de la mobilité, le développement économique et l’amélioration des milieux de vie des citoyens sont au cœur de cet ambitieux chantier. Pour en savoir plus, consultez Québec.ca/RevitalisationEstMontreal.