Assomption (Guy Montpetit)

Guy Montpetit

Murales (1976)

Plastique laminé
Œuvre restaurée avec la participation financière du ministère de la Culture et des Communications du Québec
Emplacements : édicule et corridor

Motifs mécaniques et couleurs vives sont au cœur de cette œuvre. De mystérieux personnages et animaux se succèdent le long du corridor et dans l’édicule, offrant leur regard aux voyageurs.

Le saviez-vous?

Ce projet réalisé avec la compagnie Domtar a permis de créer une gamme de panneaux de couleurs vives pouvant servir dans des bâtiments.

À propos de l’artiste

Né à Montréal en 1938, le peintre et muraliste Guy Montpetit est une figure marquante de l’art contemporain au Québec. Au fil de ses travaux, notamment auprès d’enfants sourds, il a développé un langage imagé pouvant s’appliquer sur de très grandes surfaces.

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Texte important

© Guy Montpetit / SODRAC (2013)

Capsule : Télé-Québec / La Fabrique culturelle, 2013

Réalisation : Alain Chevarier
Caméra : Patrick Dô
Prise de son : Pierre Bouchard
Montage : David Jean

Autres capsules de la série L'art prend le métro

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Assomption (Guy Montpetit)   Assomption (Guy Montpetit)   Assomption (Guy Montpetit)   Assomption (Guy Montpetit)

Source : page Info STM du 8 novembre 2006

À la station Assomption, de mystérieux personnages et animaux se succèdent le long du corridor et dans l’édicule, offrant leur regard aux voyageurs. Bienvenue dans le monde «animé» de Guy Montpetit, figure marquante de l’art contemporain au Québec! Né en 1938 à Montréal, Guy Montpetit s’est initié très tôt aux arts visuels en observant son frère aîné Roland peindre des paysages de toute beauté. Plus tard, à l’École des beaux-arts de Montréal, il a été influencé par la pensée du célèbre peintre Paul-Émile Borduas. «Il y avait chez lui un engagement social très fort. Tout cela s’est développé à la génération suivante. Une question revenait toujours: comment l’artiste peut-il se mettre à la disposition du public plutôt qu’au service de l’élite? Une des solutions était de créer une forme d’art qui pouvait s’amalgamer aux grands travaux d’architecture, dans le tissu urbain.»

Au fil de ses travaux, notamment auprès d’enfants sourds, Guy Montpetit a développé un langage imagé pouvant être appliqué sur de très grandes surfaces. «Je voulais inventer un langage qui ait à la fois un fort impact symbolique et la capacité de créer une interaction avec le spectateur. Des qualités que l’on retrouve dans les grands totems des Haïdas, ces Indiens de l’Ouest canadien, ainsi que dans les dessins d’enfants. Dans ce cas, il s’agit d’un langage universel: tous les êtres humains ont cela en eux. C’est ce que j’ai découvert en travaillant avec les enfants sourds. Un enfant sourd n’a pas de dialogue subtil, ne maîtrise pas les liens entre les différents mots pour exprimer une philosophie, par exemple. Les arts plastiques lui donnent la chance d’établir ces liens, d’exprimer des émotions.»

Vive la couleur!

Au début des années 1970, Guy Montpetit est contacté par l’architecte Pierre Boyer-Mercier, de la firme Duplessis et Labelle. Le futur architecte de la station Acadie lui demande de créer une œuvre pour la nouvelle station Assomption. «Nous avions travaillé ensemble à la réforme du «un pour cent» pour l’intégration d’œuvres d’art à l’architecture et étions fin prêts à travailler ensemble. Mon principal défi fut de trouver un matériau architectonique, c'est-à-dire un matériau compatible avec ce milieu souterrain et fort achalandé qu’est le métro. C’est alors que j’ai rencontré Jean Hallal, responsable du développement des nouveaux matériaux chez Domtar. À l’époque, la compagnie n’offrait que des panneaux de simili-bois d’allure plutôt terne. Le projet de la station Assomption nous a permis de créer une toute nouvelle gamme de panneaux de couleurs vives pouvant être utilisés dans des lieux publics. Plusieurs architectes se sont servis de ces matériaux par la suite».

Dans l’édicule de la station, les quatre murales de l’artiste font office de totems. Sur les deux longues murales du corridor, les images se succèdent au passage des voyageurs, un peu comme dans un film d’animation. «C’est une histoire sans texte mais en rapport avec les réflexions de l’humain. Des silhouettes, des éléments, des compositions s’articulent, dialoguent entre eux, évoluent en une espèce de cascade. J’ai dessiné la maquette et supervisé l’ensemble des travaux. Les techniciens de Domtar découpaient les motifs abstraits dans le papier à l’aide de compas. Ces motifs étaient ensuite superposés en commençant par la couleur de fond (jaune) et le tout était plastifié. Avec cette technique, on pouvait superposer quatre ou cinq feuilles de papier au maximum. Si quelque chose n’allait pas, on recommençait tout simplement le processus.»

Un «Meccano» géant

L’aspect mécanique de l’œuvre de Montpetit fait également penser à un immense jeu «Meccano» offert à la vue des passants. A-t-il songé à offrir à ceux-ci la possibilité de modifier à leur guise l’apparence de son œuvre? «Oui, bien sûr. L’ennui avec les œuvres participatives, cinétiques et modulaires, c’est qu’elles s’usent rapidement et exigent un entretien important. J’ai créé plusieurs jeux à grimper pour des écoles mais la plupart ont disparu avec le temps. C’est pourquoi cette approche n’a pas été retenue pour le métro. Ma murale à la Maison de Radio-Canada est également fixe, mais disposait à l’origine d’un éclairage sophistiqué qui simulait le mouvement des divers éléments de l’œuvre».

Pour Guy Montpetit, le projet de la station Assomption représente avant tout le bonheur d’avoir eu à sa disposition le savoir-faire de l’industrie pour réaliser une œuvre qu’il n’aurait jamais pu créer seul dans son atelier. «Ce projet me procure une satisfaction unique, que je ne peux retrouver dans aucune galerie d’art. L’occasion qui a été donnée aux artistes de se manifester dans le métro fut un extraordinaire défi lancé à l’imaginaire. Car si les artistes ont quelque chose à offrir, c’est bien leur imaginaire. Au départ, on ne voyait pas ce qu’un artiste pouvait accomplir dans une station de métro, sinon réaliser des œuvres décoratives. Or, plusieurs artistes ont réussi à fournir un apport conceptuel et non seulement décoratif. C’est à mon avis la plus grande qualité des œuvres du métro de Montréal.»

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