Alors que les données actualisées parues dans le Plan annuel de gestion des investissements publics en infrastructures (PAGI) confirment que l’état du réseau du métro de Montréal se détériore rapidement, aucune nouvelle somme n’est rendue disponible à court terme pour le maintien d’actifs du transport collectif dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2026-2036. Ce statu quo pour les cinq prochaines années rend d’autant plus urgente la conclusion d’une entente entre les gouvernements provincial et fédéral pour accéder au financement qui patiente dans le Fonds pour le transport en commun du Canada.
État des actifs du métro
À l’aube du 60e anniversaire d’inauguration du métro, 46 % de ses actifs et plus de la moitié des stations, soit 35 sur 68, sont classés en mauvais ou en très mauvais état (cote D et E). La proportion des actifs en mauvais état du métro atteint un nouveau sommet et dépasse pour la première fois celle du réseau routier.
« Nous atteignons un nouveau sommet de dégradation de nos actifs. Les impacts de cette situation sont déjà tangibles : hausse des pannes, fermetures d’infrastructures pour travaux d’urgence et pression croissante sur les coûts d’entretien, ce qui est vraiment préoccupant. On ne peut pas laisser l’infrastructure de transport la plus importante du Canada se détériorer de la sorte », a fait savoir le président du conseil d’administration de la STM, Aref Salem.
Statu quo pour le maintien d’actifs du métro à court terme
Le PQI 2026-2036, rendu public au dévoilement du budget, révèle que les sommes disponibles en maintien d’actifs pour le transport collectif pour les cinq prochaines années demeurent les mêmes, bien que l’on constate une augmentation sur une perspective de 10 ans par rapport au dernier PQI.
Pour éviter une perte de contrôle d’entretien et financière, la STM visait dans son mémoire prébudgétaire à augmenter progressivement les investissements annuels en maintien d’actifs jusqu’à l’atteinte d’une cible de 669 M$ en 2030, un niveau qui permettrait seulement d’éviter une dégradation accrue du déficit d’investissement et le stabiliser.
Accéder au Fonds pour le transport en commun du Canada plus urgent que jamais
Pourtant, il existe des solutions pour financer ces demandes, dont principalement en permettant rapidement l’accès au Fonds pour le transport en commun du Canada.
« Plus de 5 G$ du fonds pour le transport en commun du Canada ont déjà été octroyés aux réseaux de transport collectif dans le reste du Canada. Et pendant ce temps, le Québec et Montréal attendent toujours. Le statu quo présenté dans l’actuel PQI rend la conclusion d’une entente entre Québec et Ottawa encore plus cruciale. La STM enjoint les deux paliers de gouvernement d’accélérer les discussions pour débloquer les fonds », a conclu M. Salem.