Dans un souci de gestion responsable, la Société de transport de Montréal (STM) rend public son budget 2026, chiffré à 1,8 G$ et présentant de nouvelles réductions de dépenses récurrentes de 56,5 M$, afin de respecter son cadre financier, tout en protégeant l’offre kilométrique de service. Le Programme des immobilisations 2026-2035, également rendu public, représente des besoins en investissements de 24,1 G$ sur 10 ans, dont 15,2 G$ en maintien d’actifs afin d’assurer une offre de service fiable et sécuritaire, tout en limitant le vieillissement des infrastructures et des équipements.
Budget 2026 : une offre de service maintenue et 56 M$ de compressions budgétaires
Dans un contexte où la Ville de Montréal, le gouvernement du Québec et la clientèle ont consenti des efforts importants au cours des dernières années pour soutenir le financement du transport collectif, la STM poursuit ses actions pour améliorer ses façons de faire et être à moindre coût, tout en assurant le maintien d’une offre de service kilométrique équivalente en 2026 à celle de 2025.
Ainsi, la STM prévoit une croissance de ses dépenses d’exploitation limitée à seulement 0,7 % en 2026, tel que requis par le cadre financier établi par l’ARTM, tandis que la croissance normale des dépenses aurait plutôt été de 3,2 %.
« La STM aura atteint dès 2026 la cible de 100 M$ de réductions de dépenses récurrentes qu’elle s’était fixée en 2023 sur cinq ans. Tous ces efforts sont faits dans le but de protéger notre offre kilométrique actuelle. De telles optimisations sur un si court laps de temps sont toujours exigeantes pour une organisation, mais nous le faisons pour continuer à offrir un service fiable, sécuritaire et à moindre coût à toute la communauté montréalaise tout en assurant une saine gestion des fonds publics », a expliqué Marie-Claude Léonard, directrice générale de la STM.
Cette réduction des dépenses récurrentes se fera par la mise en œuvre d’une série de mesures d’optimisation. Ces mesures comptent notamment :
- Évolution du modèle d’affaire au transport adapté par le transfert du service par minibus à des partenaires externes ;
- Gel des embauches externes et des heures supplémentaires pour les équipes en soutien aux opérations ;
- Ajustement au niveau de la fréquence de l’entretien de certaines composantes des voitures de métro ;
- Prolongation de l’utilisation de certaines pièces de voitures de métro et achat de certaines pièces équivalentes à coût moindre ;
- Réduction des consultants en projets informatiques et du matériel informatique ;
- Négociation d’un nouveau contrat de carburant à un prix plus avantageux;
- Fermeture du centre de contact clientèle après 16 h 30 la semaine ainsi que les fins de semaine et jours fériés;
- Réduction du nombre de véhicules de service des employés STM.
Ces mesures engendreront une réduction d’environ 300 postes au courant des prochains mois. Pour les postes occupés, les employés seront relocalisés conformément aux conventions collectives et politiques en vigueur.
« Je tiens à souligner l’engagement, la résilience et le professionnalisme des employés de la STM dans ce contexte de transformation. Nous sommes conscients des impacts de ces décisions et mettons en place les mécanismes nécessaires pour accompagner le personnel tout au long de cette période », a ajouté Mme Léonard.
Programme des immobilisations 2026-2035 : manque de financement en maintien d’actifs
« Les investissements consacrés au maintien des actifs demeurent inférieurs aux besoins depuis plusieurs années, ce qui exerce une pression croissante sur les infrastructures, particulièrement dans le métro. Le déficit en maintien d’actifs est actuellement évalué à 7 G$ et pourrait atteindre 9 G$ d’ici 2030 si la tendance se maintient. Cette situation se traduit par des interventions plus fréquentes dans les stations et par un phasage plus long de certains projets », a déclaré M. Aref Salem, président du conseil d’administration de la STM.
En effet, seulement 2,8 G$ des 15,2 G$ nécessaires sur 10 ans ont reçu une confirmation de financement à ce jour, laissant 80 % des besoins non financés alors qu’un bilan de l’état des actifs indique que 42 % des actifs sont en mauvais ou très mauvais état.
Le manque de financement actuel entraîne également une perte graduelle d’expertise et de capacité interne. Une réduction des effectifs dans certains bureaux de projets a débuté en 2025 et se poursuivra sur plusieurs mois, ce qui rend d’autant plus important l’obtention d’un financement stable et prévisible.
Afin de pallier cette situation, la STM souhaite que les gouvernements du Québec et du Canada s’entendent rapidement pour permettre le transfert des sommes prévues pour les infrastructures de transport collectif dans le Fonds pour bâtir des collectivités fortes.
Finalement, à l’instar d’autres sociétés de transport, la STM entend également revoir le rythme de sa transition vers l’électrification de son réseau de bus. Alors que l’électrification complète de son parc de bus réduirait de seulement 0,13 % les émissions de GES du Québec, la STM considère plutôt que l’acquisition de bus hybrides constitue une solution éprouvée et performante permettant une réduction de GES durant la transition vers le tout électrique, tout en offrant une fiabilité opérationnelle et des coûts d’exploitation plus stables. Ces bus, contrairement aux bus électriques, n’engendrent aucune modification technique aux centres de transport, permettant de libérer des sommes pour d’autres projets d’envergure, comme le maintien des actifs.
« Nous avons à cœur d’offrir un service fiable, sécuritaire et performant à notre clientèle, et que chaque dollar investi génère le maximum d’impact. C’est dans cet esprit que la STM renforce sa connaissance de l’état de ses actifs et priorise ses investissements de manière rigoureuse. Un appui accru et prévisible des gouvernements supérieurs demeure toutefois essentiel afin d’assurer la pérennité du réseau », a conclu M. Salem.
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M. Salem et Mme Léonard seront disponibles pour répondre aux questions des médias lors de la conférence de presse de la Ville de Montréal sur son budget, le 12 janvier.
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